Alors que les électeurs de France votaient aujourd’hui pour élire leurs 72 représentants au Parlement européen, il est temps de rétablir certaines vérités par rapport à l’Union Européenne, les conférences sur le climat et ce cycle international de négociations. D’après l’image communément acceptée et ancrée dans l’imaginaire populaire, l’assemblée (ou la plénière) dans une conférence des Nations Unies est le lieu privilégié d’expression des positions et parfois revendications nationales, sur des enjeux inter-nationaux et parfois (trop souvent) antinomiques par rapport aux contraintes internationales et à la réalité du climat.

Mais l’Union Européenne n’est pas une organisation comme les autres. Bien que les représentants de la Commission Européenne siègent en tant qu’observateurs, au fond, avec toutes les autres organisations observatrices, l’Union Européenne est la seule voix qui représente les pays de l’Union. Comment ? Tout simplement par leur pays chef de file, pour les six mois que dure la présidence de l’Union Européenne. En l’occurrence, en ce moment, il s’agit de la République Tchèque, qui à chaque plénière prend la parole « on the behalf of the European Union » (au nom de l’Europe). Heureusement pour l’avenir du climat et la position européenne, ce n’est pas le président tchèque, Monsieur Vaklav Klaus qui décide de la position européenne, en effet, il estimait récemment que la lutte contre les changements climatiques était une atteinte aux libertés individuelles.
Non, la position de négociation de l’Union est définie par les Conseils Européens des ministres de l’environnement dont la dernière réunion s’est tenue au mois de mars 2009. Au cours de cette réunion, les vingt-sept ministres de l’environnement ont défini leur position commune, notamment en étroite liaison avec le « Paquet Energie Climat » voté le 12 décembre 2008 sous la présidence française de l’Union. Cette position commune est le fil rouge que les négociateurs des différents pays de l’UE vont dérouler au cours de l’année pour arriver à la Conférence de Copenhague au mois de décembre.

Cette représentation, cette intégration très concrète et réussie dans les conférences internationales sur le climat permet de faire entendre une seule et même voix dans les négociations, nous sommes d’une part plus forts dans nos propositions, mais surtout cela évite les cacophonies diplomatiques où 27 États s’entredéchirent sur un texte avec les 192 autres États-parties à la convention.

Bien que les ministres de l’environnement décident de la position européenne sur le climat et l’environnement, ils ne sont (malheureusement) pas les seuls à prendre ces décisions. En effet, le protocole de Kyoto revêt deux volets, l’un très connu concernant les réductions d’émissions un autre, moins connu concernant le financement de l’adaptation (j’y reviendrai probablement plus tard, dans la mesure où ce point est le plus difficile des négociations). Et là, pour cette seconde partie, nous entrons dans le pré carré des ministres des finances. Et alors que les ministres de l’environnement ont souvent une fibre environnement, les ministres des finances en ont très rarement une et sont très souvent les censeurs de l’avancée des négociations.
De ce fait, il est donc très important d’influencer très tôt les ministres des finances dans les différents pays de l’Union Européenne et chose assez exceptionnelle, les ministres de l’environnement se réunissent bientôt, cette semaine prochaine et nous tâcherons de vous faire connaître quelques idées d’actions pour faire peser un peu plus fort la voix des jeunes sur les questions de climat.

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