La rencontre avec Paul Watkinson, le chef de la délégation française, ne s’annonçait pas facile. Les premiers échos venant des ONG sont plutôt positifs, mais il reste toujours des points sur lesquels ont peu progresser, après tout on est loin d’avoir sauver le climat !

M. Watkinson a été facile à rencontrer, un email pour avoir son numéro de portable, un SMS pour se donner RDV et en quelques heures on se retrouve autour d’un café. Je ne pensais pas me retrouver un jour en tête-à-tête pendant plus d’une heure avec la personne en charge de négocier le texte qui va décider de mon futur !

La suite a été moins facile. J’arrive à suivre les 5 premières minutes de réponses à mes questions, mais je suis perdu ensuite dans les ramifications des explications. Après tout, je suis dans le contexte d’une réunion de l’ONU avec des négociations entre plus de 180 pays qui durent depuis plus de 10 ans.

La France semble être un bon élève au sein de l’Union Européenne. Si on met de côté la politique intérieure comme le Grenelle de l’Environnement toujours en attente, la présidence française a permis d’avancer sur le paquet énergie – climat qui fixe un objectif de réduction de -20 à – 30%. La demande des ONG pour les pays de l’Annexe 1 est de -25 a -40 % pour 2020, l’UE est donc dans la moyenne.

Pour le financement de l’adaptation et de la réduction par contre ça se gâte. Les pays du Sud ont besoin d’agir maintenant pour se protéger d’un changement climatique qui les affecte en premier car ils sont les plus vulnérables, alors qu’ils ne sont responsables que de 5% des émissions de gaz a effet de serre. Mais les pays industriels, dont la France et l’Union Européenne, traînent des pieds et demandent à voir un plan d’action complet en premier. Encore une fois, pour vous donner une idée, la délégation française comporte plus de 20 personnes, à quoi il faut ajouter les 26 autres pays européens et le personnel de l’UE. Les pays les moins développés ou le groupe des petits pays et îles comptent le plus souvent 1 ou 2 délégués.

Des points sont pour l’instant complètement absents, par exemple la question de la place de la femme. Les femmes sont les premières touchées par le changement climatique, par exemple après une inondation, le mari part chercher du travail et la femme reste seule au village avec les enfants. Les femmes sont également celles qui peuvent bénéficier et promouvoir des projets d’adaptation avec le développement de l’accès à l’éducation, l’eau potable ou aux énergies renouvelables.

En conclusion, il me semble que la France peut bénéficier de la mention « peut mieux faire ».

Paul Watkinson reconnaît que la France et les pays développés ont contracté une dette écologique auprès des pays du Sud et qu’ils ont une obligation d’agir, et de le faire d’urgence. Il reste encore une semaine de travail à Bonn pour le montrer !

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