JapanSpeechSi la journée ne devait avoir duré qu’une minute, elle aurait commencé aux environs de 10h49 pour se terminer à 10h50. Aujourd’hui, le délégué japonais s’est fondu d’une exceptionnelle intervention lors de la plénière. Au cours de cette déclaration, il a fait savoir au monde entier, deux points :

  • Le Japon veut prendre le leadership concernant les négociations sur le climat, et là, tout le monde se dit : nous avons enfin trouvé notre leader dans les négociations, celui qui en attendant l’arrivée promise d’Obama va mener et diriger les pourparlers dans le bon sens. Mais vient alors une seconde question ? Quelle direction ?
  • Par contre, tout le monde s’est tétanisé au moment où le Japon a enfin annoncé sa direction. Il s’engage à une réduction pour 2020 de 15% de ses émissions domestiques par rapport à 2005, ce qui plus clairement et par rapport à l’année de référence communément utilisée 1990 équivaut à une réduction de seulement 7 ou 8% soit juste 2 points de plus que par rapport aux exigences de Kyoto. La bonne blague.

Et là, à partir de 10h51, les réactions se sont enchaînées. Nous autres jeunes savions déjà avant l’intervention japonaise quel serait le résultat de cette intervention et avions prévu de huer l’intervention, mais finalement et en dernière minute par un mail express l’action fut annulée au regard des conséquences qu’engendreraient notre illégale intervention. Les seconds à réagir furent les ONG, au premier rang desquels, la plus connue, le Climate Action Network (Réseau Action Climat International) qui dans un communiqué a clairement et ouvertement critiqué la position japonaise en rappelant quelques points présentés pourtant il y a 4 ans par le GIEC (groupement intergouvernemental d’experts sur le climat). En effet, pour éviter une augmentation incontrôlables de la température globale, le GIEC a recommandé d’une part de réduire les émissions entre 25% et 40% (par rapport à 1990 pour 2020) et de réduire entre 85 et 95% par rapport à cette base pour 2050.
Ensuite aux environs de 14h, un rapide entretien avec un délégué néerlandais m’a appris que pour le moment l’UE n’aurait pas de position officielle et ne se prononcerait probablement pas. Un État partie à la convention vient presque de tuer la possibilité d’obtenir un accord avant la fin de l’année et l’UE ne se prononce sur la position d’un autre État. Presque à croire que tout le monde se satisfait du courage japonais d’avoir presque tué les négociations sur le climat. Je n’ai malheureusement pas encore eu le temps d’interroger ma délégation à ce sujet, je ne peux qu’espérer que la France aura une position plus courageuse que les néerlandais sur la question.

Enfin, et pour finir le tour des réactions, vint le tour d’Yvo de Boer, le secrétaire général de la convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques qui a simplement dit : « It’s the first time I don’t know what to say »

Moi non plus, je ne sais plus trop quoi vous dire.
Déçu et démuni : les deux mots de la soirée.

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