Klima Kanzler

Klima Kanzler

Berlin n’est pas une ville comme les autres. Elle est à l’heure actuelle l’un des centres névralgiques des questions internationales liées au climat. En effet, l’Allemagne, pays pivot de l’Union Européenne, membre majeur du G8 et FEM (Forum des Economies Majeures – MEF en anglais) va voter dans quelques mois pour élire son nouveau chancelier.
Lorsque l’on connaît les positions de la chancelière actuelle Angela Merkel et du candidat de l’opposition Franck Walter Steinmeier sur le climat, on comprend alors aisément l’importance que revêt de telles élections, tant au niveau national qu’au niveau international.

Pour souvenir, lors des discussions en fin d’année dernière relatives au « Paquet Energie Climat » et relatives aux normes concernant les taux d’émissions des voitures au sein de l’Union Européenne, la chancelière Merkel avait joué au maximum la carte des industriels allemands et principalement de fabricants automobiles pour justifier sa position. L’Allemagne pays-phare des grosses voitures qui consomment beaucoup n’était pas prête à contraindre ses fabricants automobiles à une révolution plus rapide que ce qu’ils n’avaient prévu pour eux-mêmes. De ce fait, Madame Merkel avait réussi à obtenir des dérogations concernant ces normes et l’application du « Paquet Climat Energie » en Allemagne.
De l’autre côté, l’actuel Ministre des Affaires Etrangères, candidat du SPD (équivalent du parti socialiste français) a une position plus progressiste sur la question du climat, de l’économie et de l’environnement. En effet, ce dernier a lancé sa campagne sous le signe de la relance économique par le biais de l’ « économie verte » et a promis en cas d’élections plus de deux millions de « Grüne Jobs » pour les allemands. L’idée clairement affichée étant de profiter de la crise économique mondiale actuelle et des plans de relance pour lancer l’économie outre-rhénane sur des nouveaux rails : plus de renouvelables, moins de charbon, recherche sur l’automobile, relocalisation de l’agriculture…

Plusieurs organisations écologistes et de solidarité, à l’image de la coalition qui porte le projet Adopt-a-Negotiator, ou d’Ultimatum Climatique, ont décidé de porter haut et fort ce message dans la campagne pour les élections allemandes. Ainsi, hier, en préalable d’un discours de Franck-Walter Steinmeier pour sa campagne, des jeunes venus du monde entier se sont retrouvés pour mener une action afin de demander une meilleure prise en compte des questions liées au climat dans la campagne au son de « Grünen Jobs jetzt ».

Cette campagne en Allemagne fait écho à celle lancée en 2007 par l’Alliance pour la Planète et la Fondation Nicolas Hulot pour l’Homme et la Planète pour obtenir la mise en place d’un Grenelle de l’Environnement une fois les élections passées. Ce même Grenelle français permettrait, selon une enquête révélée le 16 juin par le journal économique les Echos, de créer en France plus de 600 000 emplois. La sobriété en carbone se fait porteuse d’emplois, en France comme à l’étranger. Il est important de rappeler que réservoir d’emplois est moins important en France qu’en Allemagne notamment à cause/grâce au fait que la majeure partie de notre électricité est produite sans émettre directement de CO2 (énergie nucléaire à presque 80%) à la différence de l’Allemagne dont l’énergie provient d’un mix éolien/thermique (centrale à charbon principalement).

La cause du cliamt est mondiale, les solutions locales et avantageuses pour les États comme pour les peuples. Combien de temps faudra-t-il donc attendre pour que nos leaders politiques passent à l’action climatique ?

Toutes les photos de l’action : http://www.flickr.com/photos/europeactionfactory/

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