France


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Monsieur l’Ambassadeur,

Au cas où vous ne vous rappelleriez pas de moi et du programme pour lequel je travaille, je suis Florent Baarsch, le « tracker » pour la France. Nous sommes rencontrés une première fois à Poznan, l’année dernière, puis cette année à Bonn au mois de juin.

Seul un membre de notre équipe était présent lors des dernières discussions de Bonn III. Cependant, nous serons présents à Bangkok, puis probablement à Barcelone et certainement à Copenhague. Nous pourrons ainsi continuer de vous « suivre » et à vous encourager à prendre des positions ambitieuses, équitables et courageuses pour le climat. (more…)

UNFCCC Plénière, Bonn 2009

UNFCCC Plénière, Bonn 2009

La longue ritournelle des discussions officielles et informelles suit son cours. Après Bonn I, Bonn II voilà à présent que Bonn III se termine. Les négociations de Bonn III n’étaient pas « officielles » mais informelles, elles avaient pour objectif de réduire le document de négociations pour que les négociateurs puissent enfin se focaliser et discuter sur des points importants, fondamentaux et moins sur des points techniques. En termes plus imagés, il fallait diviser par quatre le document de négociations issu de Bonn II, passer de 200 et 50 pages maximum. (more…)

Entre 15 et 21% de réduction des émissions ? Quel avenir laissent-ils à leurs enfants ?

Entre 15 et 21% de réduction des émissions ? Quel avenir laissent-ils à leurs enfants ?

Parfois, ces négociations sur le climat peuvent donner l’impression que l’on revient un ou deux siècles en arrière. L’impression que les générations futures devront nettoyer les errements et les faiblesses des négociateurs de 2009 devient de plus en plus tenace. En utilisant une métaphore, cela fait étrangement penser à ces enfants que l’on envoyait dans les cheminées dans des temps heureusement résolus. Des gens riches et fortunés pouvaient se permettre de se chauffer, de consommer du fioul, du charbon, et autres matières fossiles et se payaient après les services de jeunes hères sans le sou pour ramoner leur cheminée qu’ils avaient empli au cours de l’année.

Le climat, c’est pareil. Une génération, voire même plusieurs générations, depuis les années 1850 a sali le conduit de la cheminée à tel point qu’il devient de plus en plus impossible de respirer dans la maison. Et alors, que les générations passées et dirigeantes actuellement en fonction pourraient prendre leur responsabilités et agir dès maintenant; elles semblent envoyer le message suivant aux plus pauvres et aux jeunes : “nous ne sommes responsables de rien, si problème il y a, on vous enverra nettoyer la cheminée qui semble être de plus en plus encrassée”.

C’est clairement en substance ce qu’aurait pu dire Yvo de Boer, secrétaire général de la Convention sur les Changements Climatiques en informant publiquement que les pays de l’annexe I (ou développés sans les USA) allaient s’engager sur une réduction comprise entre 15 et 21%. Petit rappel, les scientifiques du GIEC appellent à une réduction d’au moins 25%. Comment ces pays peuvent-ils rassemblés au G8 s’engager à maintenir le réchauffement sous la barre de 2°C et ensuite proposer des cibles de réductions aussi honteuses.

Pour une fois, je me permets un mot personnel, je suis simplement despéré par cette annonce, même si nous le savons depuis le mois de juin, le savoir à présent officiellement devient quelque chose de vraiment dur à accepter. Rester à savoir à présent quelle va être la réaction des pays en développement, des pays les plus menacés par les changements climatiques, les ONG et les jeunes.

Il reste encore 4 mois pour trouver un accord à Copenhague, mais ne vaut-il pas mieux d’accord qu’un accord qui signe notre engagement à aller tous ensemble dans le mur avant 2050 ?

On s'arrête ? On continue ? On va où ?

On s'arrête ? On continue ? On va où ?

Après la relative déception et l’incompréhension liées à la lecture de l’exposé de la vision partagée à long terme, la France expose dans un second temps ses objectifs globaux en terme de réduction d’émissions. De très nombreux points sont développés dans cette partie que je vais tâcher de vous expliquer un par un. Pour cela, il faut nettement distinguer trois sous-parties, l’une sera consacrée aux pays développés, une autre aux pays en développement et une troisième relative à des points divers tels que les forêts, le transport maritime et aérien.

Côté pays développés:

Après avoir rapidement réintroduit les objectifs généraux de réduction des émissions pour l’année 2020, la France attaque directement le vif du sujet, qui est celui des pays de l’Annexe I. L’annexe I représente l’ensemble des pays concernés par les obligations de réduction des émissions de CO2. Entrer dans ce club de l’annexe I a de nombreuses conséquences pour le pays en question, il doit d’une part réduire ses émissions, et d’autre part contribuer et aider à l’adaptation des pays en développement. Clairement, cela va leur coûter. D’autant que l’objectif de réduction des émissions est enfin et clairement précisé. Il s’agit d’un objectif de 30% pour les pays développés. Là encore, on peut développer une double analyse. Il est vrai qu’au regard de nombreux pays du Monde, 30% peut paraître ambitieux ; mais au regard de la science, 30% se situe tout de même dans le bas de la fourchette conseillée par les scientifiques du GIEC. (more…)

Au regard des attentes générales et préliminaires exprimées en première partie du mémorandum, le gouvernement vient encore préciser ses ambitions en présentant sa vision de la « vision partagée à long terme ». Plus connue sous le nom de « shared vision » dans les conférences sur le climat, cette partie est essentielle. Elle permet en effet de mettre les États membres d’accord sur un ou des objectif(s) lointain(s) pour le(s)quel(s) ils devront mettre en œuvre des stratégies (pensées et développées dans les groupes de travail) pour atteindre de manière efficiente les objectifs fixés en commun.

Et dire qu'il suffirait de glisser le rapport AR4 du GIEC dans la besace.

Et dire qu'il suffirait de glisser le rapport AR4 du GIEC dans la besace.

Afin d’introduire ses propositions, la France utilise ce que les Anglo-Saxons appelleraient le « positive media ». Certes, le changement climatique est une catastrophe humaine, écologique et économique imminente. Mais lutter contre et l’éviter permettrait à l’économie et la société globales de trouver la voie d’un nouveau développement protégeant l’environnement, respectant l’Homme et économiquement viable. Pour cela, deux acteurs sont au cœur de cette d’avenir, d’un côté, les pays développés, de l’autre, les pays en développement.
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Deux petites remarques introductives :

– Pour ce troisième round de négociations, je ne serai pas à Bonn ; mais au Danemark pour participer à un atelier de réflexion sur le monde d’après Copenhague, quelles solutions, quels enjeux, comment construire un nouveau après la disparition du pétrole et contraint en terme d’émission de gaz à effet de serre.

– L’article proposé ici n’est que le premier d’une série de quatre voire peut-être cinq qui seront postés cette semaine par rapport à la position française défendue dans les négociations internationales sur le climat. De plus, des mises à jour seront continuellement effectuées par rapport à la position européenne dans les négociations, les interventions françaises et toutes autres informations utiles à la compréhension de la conférence. Pour cela deux biais seront principalement utilisés : la liste mail de Climate Action Network International (et ses briefings quotidiens) et notre tracker dans la place, Jonathan, suédois de l’équipe.

Les changements climatiques nous toucheront également, il est donc logique que la France réagisse et intervienne dans les négociations

Les changements climatiques nous toucheront également, il est donc logique que la France réagisse et intervienne dans les négociations

La France est membre de l’Union Européenne, de ce fait et dans les négociations internationales sur le climat, elle doit / devrait aligner sa position nationale sur celle des Conseil des ministres de l’environnement et du Conseil des ministres de finances adoptée par le Conseil Européen (réunion des chefs d’État et de gouvernement des pays membres). C’est la décision du Conseil des ministres de l’environnement qui pour le moment fait force au sein de l’Union dans le cadre des négociations internationales. Cette décision du 2 mars 2009 (Council Conclusions on the further development of the EU position on a comprehensive post-2012 climate agreement) a pour grandes lignes les habituelles positions européennes notamment et précédemment évoquées par le « Paquet Climat Energie » du 12 décembre 2008 :
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Klima Kanzler

Klima Kanzler

Berlin n’est pas une ville comme les autres. Elle est à l’heure actuelle l’un des centres névralgiques des questions internationales liées au climat. En effet, l’Allemagne, pays pivot de l’Union Européenne, membre majeur du G8 et FEM (Forum des Economies Majeures – MEF en anglais) va voter dans quelques mois pour élire son nouveau chancelier.
Lorsque l’on connaît les positions de la chancelière actuelle Angela Merkel et du candidat de l’opposition Franck Walter Steinmeier sur le climat, on comprend alors aisément l’importance que revêt de telles élections, tant au niveau national qu’au niveau international. (more…)

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